Henri Peronneau

Pilote Aviateur, as aux 10 victoires aériennes de la guerre 1914-1918. Né à Aunay-sous-Auneau le 4 août 1890, 16 rue de Froideville où l'on peut voir sa maison natale habitée ce jour par M. et Mme  Tellier Roland qui en sont propriétaires. Henri Peronneau avait un ami d'enfance et voisin né la même année que lui au 14 rue de Froideville : Ernest Hubert, avec qui il échangea quelques correspondances lorsqu'ils furent tous deux mobilisés en 1914.

Nous avons à notre disposition une carte postale faisant figure de document important qui nous a été aimablement prêtée par

Melle  Madeleine Hubert, fille de son ami. Cette carte (ci-dessous) le représente photographié devant son appareil et dédicacée au 1er juillet 1915 à l'école de pilotage d'Avord qui fut une pépinière de pilotes pendant la première guerre mondiale.

Au verso, on a pu voir et lire une missive très explicite. Outre une autre photo non datée, mais encore en uniforme prise vraisemblablement en Afrique du Nord, Madeleine Hubert possède également un véritable trésor historique : l'épée d'apparat de Henri Peronneau, frappée de l'insigne que les navigants de l'Aéronautique Militaire de l'époque portaient aussi sur la manche gauche de leur tenue. Comment cette épée est-elle restée dans la famille Hubert ?

Madeleine Hubert raconte, je cite :

Entre les deux guerres, Henri Peronneau se fit plus rare à Aunay-sous-Auneau et l'on ignore quelle fut son activité. En 1940, alors que les Allemands occupaient le pays, sa belle-mère, la deuxième épouse de son père qui avait perdu sa femme, (la mère d'Henri) très tôt et avait épousé sa belle-sœur qui a élevé le futur aviateur, ayant en sa possession l'épée d'apparat, prit peur et confia celle-ci à Ernest Hubert, pour qu'il la dissimule, craignant que les occupants ne la découvrent chez elle  Ernest, l'ayant protégée avec de la paille dans un morceau de gouttière, l'enterra dans son jardin. En 1 945. Après l'Armistice, ne se souvenant pas de l'emplacement exact, il ne put retrouver cette arme. Ce fut quelques années plus tard que Ernestine Hubert, sa sœur, la retrouva au cours de travaux de jardinage. Cécile Peronneau, la belle-mère d'Henri, était décédée et il ne se présenta pas d'héritiers. Ernest Hubert décida de garder pieusement ce souvenir de son ami, espérant le revoir un jour. C'est ainsi que la fille d'Ernest, Madeleine, trouva l'épée de Henri Peronneau et a eu la gentillesse de nous la confier avec les photos, ce dont nous la remercions.

Il convient d'ajouter qu'en 1914 Henri travaillait à l'usine Deperdussin à Cazaux, ce qui explique sans doute sa vocation, cette usine fabriquant les premiers avions de l'époque.

Raymond Barenton